Lamarga

primavera de poetas en Normandía

In Mis libros on 14 mars 2010 at 3:41

lundi 8 mars 2010

Lunes de apuros y movidas. Esta noche leo mis poemas en francés en “Les Yeux D’Elsa”, -Los ojos de Elsa, el poema de Aragón ha dado nombre a esta magnifica plaza cultural de la ciudad- junto al poeta Yoland Simon, quien presentara la antología “La femme est un songe”, de Terres d’auteur, donde me incluyen por eso de que en otra lengua vivo y siento desde hace un buen tiempo.
Después habrá inauguración de la exposición y brindis… por ahora carrera porque abrir Le printemps de poètes- la primavera de poetas – con este frío, y la responsabilidad de llegar a lectores de largos inviernos, es decir, educados a la musicalidad del viento, es bastante para mi natura de recogida, con tal de que no se me enrede la lengua…
Buen comienzo de semana y felicidades a las mujeres.


Cinquanta, cinquante, cincuenta- Matanças.

« Cache la mémoire de ton visage avec le masque de celle que tu seras
et fait peur à la fille que tu étais ».

Alejandra Pizarnik

Je ne fais plus de comptes sur le champ infécond
Je me suis retirée à la Mer de la Manche
Je suis au Grand Exil : la terrifiante vieillesse
Qui étale son foulard, qui arrive sans prévenir.
Regardez, l’esprit veut rester et la logique le coule
Je naufrage en cinquante lettres de la cabale.

Rien n’a été en vain : je suis en Europe avec
Trois ou quatre vies dérangées
L’île, le continent ne sauve pas ma moitié :Matanzas.

Le voyage a commencé dans une obscure gare
Le plafond argenté, l’argile des colonnes soutenait le ciel
– je crois que c’était Ur des Chaldéens-
Les persécuteurs avaient des chien
La multitude qui tuait l’air avec ses cris
Agonisait dans les détails que je traduisais dans une langue morte
Sous peine de perdre la vie.

Harrân pouvait être le port où jamais je ne retournerais
Car le Roi Nimrod ne supporte pas qu’on lui touche les cheveux.

Je mesurais le temps par l’accumulation de papiers, de lettres,
De cartes, de factures sans ouvrir
Pendant que la nuit se dématérialisait en sable, sous le vent glacé.

“Quitte ton pays…et sois une bénédiction”.

L’Euphrate, le Canimar, le San Juan, le Yumuri, la Seine
N’importe quel fleuve effacait les traces de ma cité natale,
Mais la boue m’empêchait d’avancer, je salissais les écritures.

Il pourrait être Ur, mais c’est Matanzas l’écho qui grandissait au Sinai

Cache ton visage Sarah –le siroco commence-
« dis que tu es ma sœur, ouvre tes robes et ta chair au pharaon ».
Prise par Abraham je lie mes cheveux avec la
Perche de l’aube, je nourrissais les eaux,
Cassais des tablettes d’argile, tétais une autre langue
Abattue dans les bras du néant.

Dieu m’envoyait des chèvres, du lait, du miel
L’épicentre du cantique et la mer salée flétrissait les doigts,
La mer morte emplissait et vidait mon corps.
Mon frère égorgeait un bouc et je regardais vers l’Est
Dis-moi, serais-je dévorée par le désert ?

La cité où je suis née c’est le vertige, la polémique
Si je fus, si je fus une autre, je ne me souviens plus

J’ai un vague souvenir du port bleu
Les murailles de la Havana, les falaises du Havre

-A Madrid non, là bas j’étais pute, je donnais la langue
Que j’avais oublié

Trois pays me nomment, dans les trois je tuais au couteau
La fille que j’y étais
Il n’y a pas des tombes, que des noms effacés.

Ma mère cueille le riz sur les nuages roses
Mon père regard les muettes,
Peut-être que les goélands savent où je suis.

Madame Bovary

Vêtue de velours et de dentèles déchirées
Pour des prières qui tombent au milieu de la rue
je touche les vitres, je jette des pierres à la pluie
-peut importe le jour en Normandie,
Tous égaux, tous aveugles-
J’ai roulé un cigare, je n’ai pas envie de recoudre les gants,
Je n’ai pas envie de parler aux passants, envie de rien
Dès l’instant que je sais qu’il y a une aiguille dans la pomme.

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